Tales of the world episode 31 – De la littérature et de l’économie

Cette semaine il s’agira d’économie et de littérature : qu’est-ce qu’elles peuvent bien nous dire quand on les met ensemble ?

«Je porte donc humblement à l’attention du public cette proposition : sur ce chiffre estimé de cent vingt mille enfants, on en garderait vingt mille pour la reproduction, dont un quart seulement de mâles – ce qui est plus que nous n’en accordons aux moutons, aux bovins et aux porcs – la raison en étant que ces enfants sont rarement le fruit du mariage, formalité peu prisée de nos sauvages, et qu’en conséquence, un seul mâle suffira à servir quatre femelles. On mettrait en vente les cent mille autres à l’âge d’un an, pour les proposer aux personnes de bien et de qualité à travers le royaume. (…) Si l’on reçoit, on pourra faire deux plats d’un enfant, et si l’on dîne en famille, on pourra se contenter d’un quartier, épaule ou gigot, qui, assaisonné d’un peu de sel et de poivre, sera excellent cuit au pot le quatrième jour, particulièrement en hiver. Je reconnais que ce comestible se révélera quelque peu onéreux, en quoi il conviendra parfaitement aux propriétaires terriens qui, ayant déjà sucé la moelle des pères, semblent les mieux qualifiés pour manger la chair des enfants ».

Voici ce qu’en 1729, Jonathan Swift, célèbre et acerbe satiriste anglo-irlandais écrivait comme MODESTE PROPOSITION POUR EMPÊCHER LES ENFANTS DES PAUVRES D’ÊTRE À LA CHARGE DE LEURS PARENTS OU DE LEUR PAYS ET POUR LES RENDRE UTILES AU PUBLIC, un texte qui voulait, par le révoltant de sa hyperbole souligner les injustices d’une époque.

En 2013, pour les passionnés de la crise et de littérature, Frederic Lordon, directeur de recherche au CNRS et membre du groupe « Les économistes atterrés », qui s’opposent à la domination d’une certaine orthodoxie dans la pensée contemporaine, propose une lecture de la crise dans une pièce de théâtre, « D’un retournement à l’autre. Comédie sérieuse sur la crise économique. En quatre actes et en alexandrins. »

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