Tales of the world episode 51 – L’Ukraine et l’instant de grâce de la bataille

 

Loin des titres objectifs et presque techniques auxquels les journaux nous ont accoutumés dans leurs reportages sur les révoltes autour du monde, ces jours-ci, quand on parlait d’Ukraine, à  la une des journaux déferlait une vague d’hyperboles . Un tsunami médiatique, pourrait-on dire. En Ukraine il n’y avait pas une révolte dans la capitale, mais la bataille de Kiev. Pas de répression sanglante, mais un bain de sang, les autorités avaient voté une loi draconienne contre les manifestations et l’Europe a trahi l’Ukraine, devenue miroir tragique de ses défaillances politiques et éthiques. Les images du maidan rappellent, elles, la peinture de Delacroix, La Liberté guidant le peuple, évoquant la commune de 1830; la composition des photographies, en sang et en feu, des gens au milieu des ruines communistes en béton et barricades de fortune, souligne le tragique de l’humanité et son absolu, comme celle du manifestant à l’œil meurtri, pleurant du sang telle une icône miraculeuse.