Dostoyevsky and Putin, our contemporaries

Sense and meaning are the two pillars on which Western civilisation and discourse are built. No matter the depths of despair or heights of euphoria onto which history may push us, the first reflex we have is to make sense of them. Rationalisation is one of the pitfalls of this passion as is the fact of calling anyone who does not fit our sense of meaning, mad.

In the past few months Western leaders and pundits, newspaper readers and even writers of chronicles with a twist, have been puzzled about the seeming senselessness of President Putin’s behaviour regarding Ukraine. What is he on about this Putin, what SENSE can we make of his actions? Can he not see that sanctions and low oil prices are running his country into the ground? Is he not afraid of eroding domestic support for his dismal policies? What is the MEANING of his double speak, on one side sticking like glue to the language of international law and treaties in the morning, and on the other, thrashing in the evening the very principles he upholds in front of cameras? He is mad!!!!

 Such questions are at the heart of efforts to negotiate peace in Ukraine, which is the scene to a very peculiar kind of theatre of war: Soviet propaganda meets “going to the people” meets hybrid tactics in the field meets manipulation of information on Internet.

 What if, only for a moment, we willingly suspended our search for sense and meaning, that is, the way we think of them, as constructive outcomes, and at least a plan for peace and the improvement of the situation for everyone, and recognised the current Russian tactics for what they are: an endless string of moments meant to preserve a present situation, with no end and no future in sight. Currently, the Russian President and his camarilla are at the height of power – shabby and dwindling as its foundations may be – this is a timeless power, much like Vladimir Putin’s face, which for the past 10 years seems to have taken no wrinkles and no blows.

Walter Benjamin said: “fascist regimes are advertising regimes”. Publicity and advertising are the realm of the present par excellence, and what Russia has been serving the world lately is the most exciting ads on the market; with every shot and turn we hold our breath, wondering how we shall be outwitted this time, our attention diffused and distracted by the puppet master. The seeming inevitability of it all obscures even the horror of the growing number of deaths, its direct consequence.

As long as the Western gaze remains trapped in this manner, negotiators will not be able to introduce the key element that could bring things, slowly, to a halt: time. Time is introduced in a conversation only when we look past immediate gestures, and past immediate outcomes. When we start asking “what is the project pursued”? and we are not satisfied with circumstantial answers or the answers that “make sense”.

Perhaps, as others have done recently in order to try to understand Vladimir Putin, we can turn to Dostoyevsky for a clue on a classic Russian take on this: Here is an exchange between the Karamazov brothers;

“I understand too well, Ivan. One longs to love with one’s inside, with one’s stomach. You said that so well and I am awfully glad that you have such a longing for life,” cried Alyosha. “I think everyone should love life above everything in the world.”     “Love life more than the meaning of it?”     “Certainly, love it, regardless of logic as you say, it must be regardless of logic, and it’s only then one will understand the meaning of it. I have thought so a long time. Half your work is done, Ivan, you love life, now you’ve only to try to do the second half and you are saved.”

Le Népal aux cent ethnies cherche sa voie vers un Etat plus juste

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Opinion lundi 02 février 2015

Le Népal aux cent ethnies cherche sa voie vers un Etat plus juste

Ruxandra Stoicescu

Google Images nous renvoie à la beauté des montagnes et des rizières. Mais ce pays a d’autres richesses insoupçonnées. Par Ruxandra Stoicescu, chercheuse et animatrice d’un blog radio, Tales of the World

 Niché entre l’Inde et la Chine, le Népal figure sur la carte mentale de la plupart d’entre nous comme le pays de l’Himalaya et de l’Everest. Lors d’une recherche images sur Google, on aperçoit rarement autre chose que des photos de montagnes de contes de fées, des vertes rizières surplombant des lacs bleus immaculés, et des temples avec des enfants au sourire éclatant.

Autant le dire, notre imaginaire du Népal est colonisé par un rêve de nature, et nous avons du mal à penser à ce pays en d’autres termes. Ce qui est dommage, car ces temps-ci, le Népal passe par des transformations et des convulsions sociales importantes. La complexité politique népalaise nuance un peu le tableau du sous-continent dominé par ses deux voisins géants.

Lors d’un récent voyage de recherche documentaire entrepris à Katmandou, j’ai appris que les Népalais, des hommes politiques jusqu’aux simples civils, perçoivent la Suisse comme le modèle politique le plus inspirant dans leur quête d’une forme étatique rendant justice à leur diversité et à leur grande multiplicité ethnique. Cette admiration, les Suisses la rendent bien au Népalais, puisque cela fait plus de 50 ans que la Suisse participe à des programmes de développement et d’échanges.

Bien qu’il ait formellement réchappé à la colonisation britannique, le Népal ressent fortement l’influence de l’héritage colonial à travers l’immixtion de l’Inde dans ses affaires intérieures. Par exemple, la grande voisine fait pression sur l’Assemblée constituante (formée en 2008) pour qu’elle accouche d’une Constitution, qui devait d’ailleurs être promulguée au plus tard le 22 janvier, mais sans résultat pour l’instant . L’Inde souhaite aussi intégrer des territoires montagneux du Népal dans sa stratégie géopolitique défensive. A cela s’ajoute la difficulté de maintenir un équilibre fragile avec la Chine, voisine du Népal à travers le Tibet, territoire historiquement au centre de toutes les convoitises. On comprend ainsi pourquoi les Népalais se sentent des affinités avec la Suisse, au centre d’une Europe occidentale longtemps mouvante et remuante.

La situation complexe à l’extérieur trouve son pendant dans la vie politique intérieure. Contrairement à l’Inde et la Chine, qui semblent avoir atteint un point d’équilibre, au moins pour le moment, dans la forme de leur Etat, le Népal est à la recherche, depuis bien d’années, d’une république plus juste et d’une Constitution.

C’est là où résident sa richesse politique et son apport au sous-continent. Car après dix ans de guerre civile entre les forces maoïstes et l’armée régulière (1996-2006), puis encore presque dix de processus de paix, le Népal et les Népalais osent se poser et débattre de questions complexes: après l’abolition de la monarchie fin 2007, quel type de république mettre à sa place? Comment parvenir à respecter les droits de chacun des plus de 90 groupes ethniques et faire en sorte que les femmes poursuivent leur émancipation citoyenne, pour laquelle la bataille a commencé au Népal il y a plus d’un siècle?

Diverses forces politiques apportent diverses réponses, les unes centralisatrices, d’autres proposant un fédéralisme qui protégerait des communautés longtemps discriminées. La difficulté de répondre à ces questions dans une charte contribue aux fortes tensions de ces derniers jours – des chaises ont volé dans la salle de l’Assemblée constituante –, et témoignent d’irréconciliables contradictions. Parallèlement, d’immenses grèves, lancées à l’initiative du Parti communiste uni (maoïste), qui revendique un plus grand nombre de districts administratifs et des réformes sociales plus radicales, bloquent le pays entier.

En ces temps de crise économique globale, le souci qui prime au sein de ces interrogations, c’est d’articuler un système politique capable de redresser les graves inégalités sociales et économiques, qui furent longtemps ancrées dans les arrangements socioculturels (en particulier le système des castes), jusqu’à mener le Népal dans un grave conflit. Cette inquiétude est loin d’être confinée au seul Népal. Après tout, le nouveau premier ministre grec Alexis Tsipras, issu de la gauche radicale, tout comme le leader du mouvement espagnol Podemos, n’hésitent pas à parler de «castes» à démanteler et à combattre. Dans ce sens, les débats au Népal s’inscrivent dans une actualité immédiate.

Le voyageur arrivé dans la bruyante Katmandou, escale obligée avant les montagnes paradisiaques, reste stupéfait par les travaux d’Hercule entrepris par les autorités pour réorganiser la ville. Des rues élargies, encore en attente d’être pavées, sont couvertes de monceaux de terre excavée; un trafic routier qui fonctionne miraculeusement avec un minimum de feux; des zébus paisibles au milieu d’un concert permanent de klaxons, tels sont les reflets physiques d’un pays en plein chantier. Heureusement, les Népalais cheminant vers leur nouvel Etat savent aussi trouver de l’inspiration dans leurs paysages et mènent leurs batailles avec une certaine majesté.

The singing bowls of Kathmandu

On a sunny day in January 2015, while taking a break from very serious interviews in Kathmandu, we went for a visit at the Swayambhunath temple (the monkey temple). Amidst many playful and warring monkeys we also found a singing bowls shop, owned by Saran Sahi, a real artist, who very gracefully shared some of his musical art with us. Here are some of his sounds, found, recorded, edited, photographed and enabled by our Nepal production team.

Rahel Kunz ; Lekh Nath Paudel; Ruxandra Stoicescu

If you plan to go to Kathmandu and get a bowl of your own or at least a sound massage you can contact Saran Shahi at DSC_0259 saranshahi98@gmail.com